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Prêt étudiant : les différentes solutions pour financer ses études
Payer les frais d’inscription d’une école, meubler un studio ou couvrir le quotidien : de nombreux étudiants n’ont pas d’autre choix que d’emprunter. Voici les cinq pistes à connaître, du prêt garanti par l’État aux dispositifs régionaux.
Le prêt étudiant garanti par l’État : emprunter sans caution
D’un montant maximal de 20 000 €, le prêt étudiant garanti par l’État permet aux jeunes sans garant d’accéder au crédit. L’État se porte garant, via Bpifrance, à hauteur de 70 % du montant du prêt (hors intérêts) ; les banques supportent les 30 % restants.
Attention, il ne s’agit pas d’un prêt à taux 0 % : la banque fixe librement son taux et des frais de dossier peuvent s’ajouter. Autre point souvent mal compris : la garantie protège la banque, pas l’étudiant, qui doit rembourser l’intégralité du prêt. La durée va de 2 à 10 ans et le remboursement peut être différé jusqu’à la fin des études.
Pour qui ?
Selon Service-Public.fr, il faut remplir toutes les conditions suivantes :
- Être inscrit dans un établissement français pour préparer un diplôme, un concours ou une certification de l’enseignement supérieur (université, BTS, école de commerce ou d’ingénieur…) ;
- Être majeur et avoir moins de 28 ans à la signature du prêt (un mineur émancipé peut aussi en faire la demande) ;
- Être de nationalité française ou d’un État de l’UE ou de l’EEE (dans ce dernier cas, il faut justifier de 2 ans de résidence régulière et ininterrompue en France).
En revanche, il n’y a aucune condition de ressources et aucune caution à fournir. Attention toutefois : remplir ces conditions ne garantit pas l’obtention du prêt. La banque garde son pouvoir d’appréciation et le nombre de prêts accordés chaque année est limité.
Comment faire ?
- Créez votre demande sur la plateforme de Bpifrance : indiquez la ou les banques visées, le montant (20 000 € maximum) et la durée (2 à 10 ans), puis joignez votre pièce d’identité et votre justificatif de scolarité ;
- Téléchargez votre attestation de pré-éligibilité, qui comporte un numéro unique ;
- Présentez-la à l’une des banques partenaires : Société Générale, Crédit Mutuel, CIC, La Banque Postale ou BFCOI (principalement à La Réunion et à Mayotte). Vous n’avez pas besoin d’y être déjà client, même si certaines refusent les dossiers extérieurs ;
- La banque vérifie votre dossier sur la plateforme, puis décide d’accorder ou non le prêt. Si la plateforme rencontre un dysfonctionnement, vous pouvez vous présenter directement en agence.
Bon à savoir : les banques partenaires n’ouvrent pas toutes leur campagne aux mêmes dates et la liste peut évoluer d’une année à l’autre. Avant de prendre rendez-vous, vérifiez celles qui distribuent le dispositif aujourd’hui sur la plateforme ou sur etudiant.gouv.fr.
Le prêt étudiant à taux 0 % : des offres sous conditions
Le prêt étudiant à 0 % n’a rien à voir avec le prêt à taux zéro de l’immobilier : il s’agit d’une offre bancaire sans intérêts, réservée à certains profils. Son avantage principal est évident : vous ne payez aucun intérêt.
À titre d’exemple, le Crédit Mutuel (comme le CIC) propose un prêt à 0 % TAEG jusqu’à 50 000 € sur 10 ans maximum, avec plusieurs conditions : avoir entre 18 et 27 ans, présenter une caution solidaire, ne pas dépasser un plafond de quotient familial (29 315 € d’après le site de la banque) et détenir l’offre groupée de services de la banque, dont il faut vérifier le coût.
Les élèves de la fonction publique disposent d’une offre plus modeste : le Prêt Avance de la Banque Française Mutualiste, à 0 % pour 1 500 € sur 24 mois, pratique pour financer une rentrée ou un déménagement.
Attention, 0 % ne veut pas toujours dire gratuit : une assurance facultative, des frais annexes ou une offre groupée de services peuvent alourdir la facture.
Pour qui ?
Les conditions dépendent de chaque banque, mais on retrouve généralement les mêmes critères :
- Avoir entre 18 et 27 ans (jusqu’à 34 ans pour le Prêt Avance destiné aux élèves de la fonction publique) ;
- Justifier de votre statut d’étudiant ;
- Avoir une caution et respecter, selon les offres, un plafond de quotient familial.
Comment faire ?
Ces offres ne sont pas disponibles dans toutes les banques et changent d’une année à l’autre. Consultez les sites des établissements, puis prenez rendez-vous avec un conseiller pour vérifier que vous remplissez bien toutes les conditions.
Le prêt bancaire classique pour étudiant : taux, montant et caution
Le prêt bancaire classique se décline dans une formule « étudiant », avec des conditions plus souples qu’un crédit à la consommation ordinaire. Les montants vont de quelques centaines d’euros à plus de 100 000 € selon la banque et le cursus, et les fonds peuvent être versés en une ou plusieurs fois.
À la rentrée 2026, les taux affichés vont de 0 % (offres sous conditions) à environ 3,5 %, autour de 2 % en moyenne (2,00 % chez Crédit Mutuel et CIC par exemple). Le remboursement peut être différé, en partie ou en totalité, jusqu’à la fin des études : c’est le crédit qui s’adapte le mieux à votre budget, à condition de trouver un garant.
Pour qui ?
Chaque banque a ses propres critères, mais les exigences se ressemblent :
- Être majeur, généralement entre 18 et 28 ans ;
- Justifier son statut d’étudiant, d’apprenti ou de salarié en formation ;
- Présenter un garant (parent ou proche solvable), sauf dans les cas présentés ci-dessous.
Comment faire ?
Comparez plusieurs banques, sans oublier celle de vos parents, puis suivez nos conseils dans la deuxième partie de cet article !
Le prêt étudiant sans garant : les autres solutions, plafonnées à 20 000 €
Pas de parent ou de proche pour se porter caution ? Le prêt garanti par l’État n’est pas la seule piste, mais les offres sans caution que nous avons relevées ne dépassent pas 20 000 €. Au-delà, les banques exigent en pratique un garant.
- Crédit Agricole : certaines caisses régionales proposent un prêt étudiant sans garant dès 18 ans, à condition d’être client depuis au moins 3 mois ;
- Crédit Coopératif : un prêt sans caution de 1 000 € à 20 000 € pour les étudiants de moins de 28 ans qui étudient en France ;
- Banque Populaire : certaines caisses acceptent un prêt sans caution sous conditions, souvent lorsque vos parents sont déjà clients de la banque ;
- BNP Paribas : un prêt dédié aux étudiants boursiers qui n’ont pas de garant.
Bon à savoir : âge, ancienneté de clientèle, cursus… les conditions varient d’une banque et d’une région à l’autre. Demandez toujours l’offre par écrit avant de vous décider.
Le prêt étudiant régional : Guadeloupe et microcrédit en Nouvelle-Aquitaine
Certaines régions complètent l’offre des banques. La Guadeloupe prend en charge les intérêts du prêt étudiant à taux zéro, jusqu’à 30 000 € selon la banque partenaire et sur 8 ans maximum, d’après le guide des aides de la Région. Le dossier se constitue directement auprès de l’une des banques partenaires (BRED, Crédit Agricole, Crédit Mutuel, Banque des Caraïbes, BNP Paribas, Caisse d’Épargne).
La Nouvelle-Aquitaine soutient quant à elle le microcrédit personnel, de 300 € à 8 000 € sur 6 mois à 7 ans. Il n’est pas réservé aux étudiants, mais il vise en priorité l’accès à la formation et à l’emploi pour les personnes exclues du crédit classique. Pour comprendre le principe, consultez notre article sur le microcrédit social.
Pour qui ?
Pour la Guadeloupe, vous devez être âgé de 18 à 25 ans (une dérogation est possible jusqu’à 29 ans si vos études n’ont jamais été interrompues) et résider dans la région. Les demandes se font aujourd’hui toute l’année.
Pour la Nouvelle-Aquitaine, aucune limite d’âge n’est fixée : il suffit d’habiter dans la région et de justifier votre exclusion du crédit classique.
Comment faire ?
Pour la Guadeloupe : contactez l’une des banques partenaires et vérifiez les conditions à jour sur le site de la Région, car plafonds et modalités évoluent régulièrement.
Pour la Nouvelle-Aquitaine : prenez contact avec la plateforme de microcrédit de votre département, listée sur le site de la Région. Elle vous accompagnera dans votre demande.
Prêt étudiant : les démarches pour faire sa demande
Souscrire un prêt étudiant n’est pas anodin : vous vous engagez à rembourser selon un échéancier précis. Voici comment préparer votre dossier pour choisir l’offre la moins chère, emprunter le bon montant et éviter les mauvaises surprises.
Comparer les offres de prêt étudiant : TAEG, assurance et frais
Il est essentiel de comparer plusieurs propositions : sélectionnez au moins trois banques et prenez rendez-vous avec un conseiller pour faire le point. Cela ne vous engage à rien. Certaines écoles ont noué des partenariats avec des banques pour proposer des taux préférentiels : renseignez-vous auprès du secrétariat de votre établissement.
Le bon réflexe consiste à comparer le TAEG (taux annuel effectif global) et le coût total du crédit, plutôt que la seule mensualité. Voici ce que représente l’écart de taux sur 20 000 € empruntés sur 60 mois (calcul indicatif à mensualités constantes, hors assurance et hors différé) :
| Taux fixe (TAEG) | Mensualité | Coût total du crédit |
| 0 % | 333,33 € | 0 € |
| 0,99 % | 341,79 € | 507 € |
| 2 % | 350,56 € | 1 033 € |
| 3,40 % | 362,94 € | 1 776 € |
Entre 0,99 % et 3,40 %, l’écart atteint près de 1 270 € sur cinq ans. Voici les points à comparer avant de signer :
- Le taux proposé (TAEG) et son type (fixe ou variable) ;
- La durée du prêt et le montant des mensualités ;
- Les éventuels frais de dossier et, le cas échéant, l’offre groupée de services exigée ;
- Le tarif de l’assurance emprunteur, qui n’est pas toujours inclus dans le TAEG ;
- Les modalités de remboursement (différé partiel ou total, remboursement anticipé…).
Pour aller plus loin, l’Institut national de la consommation détaille les points de vigilance avant de souscrire.
Calculer le montant du prêt étudiant dont vous avez besoin
Établir le montant de votre futur emprunt n’est pas chose aisée. Il doit être adapté à votre budget, à votre situation financière et à vos besoins réels, en tenant compte de tout ce qui peut le réduire :
- À combien s’élèvent vos charges fixes (loyer, transports, nourriture) ? Et les dépenses ponctuelles liées à vos études (frais de scolarité, matériel, cotisation CVEC obligatoire) ?
- Allez-vous travailler pendant votre cursus ? Si oui, combien espérez-vous percevoir chaque mois ?
- Avez-vous droit à des aides financières, comme l’APL étudiant ou les aides du Crous ? Vérifiez aussi si vous pouvez prétendre à la bourse du Crous sur critères sociaux avant de calibrer votre emprunt. Si vous entrez dans le supérieur après une bourse de lycée et que vous changez d’académie, l’aide à la mobilité Parcoursup de 500 € (demande possible jusqu’au 15 janvier 2027) peut alléger votre budget d’installation.
- Vos parents ou vos proches peuvent-ils vous soutenir financièrement ?
Vous pouvez aussi demander l’avis de votre conseiller bancaire, mais dans tous les cas, pensez à vos futures mensualités.
Remboursement différé du prêt étudiant : franchise partielle ou totale
Contrairement à un emprunt classique, le prêt étudiant peut se rembourser plus tard. C’est logique : vous avez besoin de cet argent pour financer vos études. On parle de période de franchise, qui s’étend généralement jusqu’à la fin de votre cursus. Il en existe deux types :
- La franchise partielle : pendant vos études, vous ne payez que les intérêts (et l’assurance si vous en avez souscrit une). Le capital est remboursé ensuite. Sur 10 000 € à 2 %, cela représente environ 17 € par mois.
- La franchise totale : pendant vos études, vous ne payez que l’assurance éventuelle. Le capital et les intérêts sont remboursés à la fin du cursus. Cette formule est plus coûteuse, car les intérêts non payés s’ajoutent au capital.
Prêtez donc une attention particulière au type de franchise proposé par votre banque. Pour le prêt garanti par l’État, le remboursement ne peut pas être différé au-delà de 10 ans après la signature. Dans tous les cas, vous pouvez rembourser par anticipation, en totalité ou en partie : il suffit d’en informer votre banque par courrier en précisant le montant.
Justificatifs à fournir pour un prêt étudiant (avec ou sans garant)
Pour souscrire un prêt étudiant, la banque vous demandera généralement les pièces suivantes :
- Une pièce d’identité en cours de validité (recto verso) ;
- Un RIB (relevé d’identité bancaire) ;
- Un justificatif de domicile de moins de 3 mois ;
- Un justificatif de votre statut d’étudiant : carte étudiant ou certificat de scolarité ;
- Pour le prêt garanti par l’État : l’attestation de pré-éligibilité délivrée par Bpifrance.
Votre garant devra aussi fournir des documents : pièce d’identité, justificatifs de revenus (bulletins de salaire, avis d’imposition) et, pour les offres à 0 % sous plafond de quotient familial, l’avis d’imposition du foyer. Une fois le dossier complet et accepté, les fonds sont virés sur votre compte.
Questions fréquentes sur le prêt étudiant
Étudiant étranger, assurance, difficultés de remboursement… voici les réponses aux questions que l’on nous pose le plus souvent sur le prêt étudiant.
Un étudiant étranger peut-il obtenir un prêt étudiant ?
Oui, mais les règles varient selon la banque. Pour le prêt garanti par l’État, il faut être français ou ressortissant de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen, avec 2 ans de résidence régulière en France. Pour les autres prêts, la banque examine votre titre de séjour, vos ressources et la caution proposée.
L’assurance emprunteur est-elle obligatoire pour un prêt étudiant ?
Non, elle est facultative pour le prêt garanti par l’État. Pour les autres prêts, la banque peut la demander, mais vous pouvez souvent choisir un autre assureur que le sien. Son coût s’ajoute aux mensualités : comparez-le avec le TAEG, car il n’y est pas toujours inclus.
Que faire si l’on n’arrive plus à rembourser son prêt étudiant ?
Contactez votre banque dès la première difficulté, sans attendre l’impayé : elle peut proposer un report d’échéances ou une renégociation de la durée. Si la situation reste bloquée, consultez notre guide des aides pour les étudiants en difficulté. Un surendettement relève d’une procédure spécifique.
Un prêt étudiant peut-il financer des études à l’étranger ?
Oui, selon la banque et le dispositif. Le prêt garanti par l’État finance un cursus dans un établissement français délivrant un diplôme français, y compris une période d’échange comme Erasmus. Pour un diplôme préparé entièrement à l’étranger, il faut se tourner vers un prêt bancaire classique et vérifier les conditions avec votre conseiller.
Peut-on cumuler un prêt étudiant et une bourse du Crous ?
Oui, rien n’interdit de cumuler un prêt étudiant et une bourse sur critères sociaux. La bourse peut même faciliter l’accord de certaines banques, comme BNP Paribas avec son prêt dédié aux boursiers sans garant. Pensez toutefois à déduire vos aides du montant emprunté pour ne pas vous endetter inutilement.

Rédactrice web SEO certifiée et freelance depuis 2017, j’écris pour Aide-Sociale.fr depuis 2019. Diplômée d’un BTS Communication et formée aux spécificités de la rédaction web et du SEO, j’ai rédigé plus de 314 articles avec un objectif constant : vulgariser le “langage CAF” et rendre les démarches administratives accessibles à tous. Mon crédo : des contenus sourcés, précis et sans fake news !
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